Compte-Rendu de mission au Burkina Posted octobre 8, 2014 by emart1

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Du 5 au 12 septembre 2014, Haleh Mohebbi, membre de PSF53 s’est rendue au Burkina Faso. Voici les informations recueillies :

 VISITE A DIERI
Suite à l’information selon laquelle les comptes de la mutuelle étaient au rouge avec une diminution des ressources prévisionnelles pour les 6 mois à venir, une visite à Dieri a été entreprise afin de rencontrer les différents intervenants, et de discuter de la situation
C’est ainsi que le jeudi 11 Septembre 2014 nous nous sommes rendus à DIERI, La délégation était composées de :
NOMBRE YAHIA,
BARRO TIOKOROBA qui nous a servi de guide et de chauffeur,
MOHEBBI HALEH membre de PSF
RIOU PATRICIA infirmière à l’hôpital de Mayenne
A notre arrivée le Major, prévenu, nous attendait. Il y avait peu de patients. Nous avons donc visité le CSPS , noté que les ampoules ont été changées permettant ainsi aux batteries et plaques solaires d’assurer un éclairage tout au long de la nuit.
Nous avons entamé une discussion avec le Major concernant les raisons qui pourraient expliquer la situation de la mutuelle :
– La première raison est qu’après avoir examiné les chiffres, il ressort que la fréquentation s’est démultiplié depuis le début de l’hivernage (juin 2014) ce qui n’était pas le cas précédemment
– La seconde raison est que le protocole de traitement du paludisme en première ligne a été modifié il y a quelques mois et que le schéma de première ligne préconisé actuellement coute 3 à 4 fois plus cher que le précédent qui avait par ailleurs servi de base de calcul pour le taux de la cotisation annuelle à la mutuelle.
Nous avons également eu une rencontre avec le comité de la mutuelle et le président du COGES (Comité de Gestion ) , le constat des difficultés de la mutuelle est unanime ; après 2 heures d’échanges, il ressort que plusieurs solutions peuvent être envisagées :
– Soit réduire le taux de remboursement à 20-25% afin de pouvoir atteindre la fin de la période de cotisation et ensuite fixer un nouveau taux de remboursement pour l’année prochaine
– Soit continuer au taux de remboursement de 30% jusqu’à ce que les caisses soient vides, nous avons répondu à cette proposition que c’était difficilement envisageable puisque le principal but de la mutuelle étant d’être présente en cas de besoin et en permanence quitte à ce que le taux de remboursement soit inférieur à celui qui prévalait actuellement.
– Augmenter le nombre d’adhérents afin d’élargir le montant de la cagnotte des cotisations.
Au terme de ces échanges, il a été convenu qu’une assemblée générale serait tenue le week end suivant afin de recueillir l’avis des populations et prendre une décision unanime.
Par Ailleurs à propos de l’Assemblée générale, nous leur avons proposé de l’organiser de façon trimestrielle notamment avant et après les périodes charnières comme la saison des pluies très pourvoyeuse de paludisme : cela permettrait d’informer les populations concernant l’état de la mutuelle et les éventuels ajustements temporaires à réaliser.
MISSION DIABETE
I. CONTACTS
Dans le cadre de la mise en œuvre d’une mission future concernant la prise en charge des diabétiques dans la région de l’ouest du Burkina plusieurs contacts ont été entrepris :
1/d’une part avec le Dr YAMEOGO Marcelline qui est médecin interniste au CH de Bobo Dioulasso qui a accepté d’assurer la coordination médicale du futur projet ; Nous lui avons présenté ‘expérience guinéenne et après nos échanges, plusieurs pistes se dessinent :
– La fourniture de supports audiovisuels pour l’éducation thérapeutique
– L’accessibilité en antidiabétiques oraux
– L’accessibilité en insuline
– La prise en charge des pieds diabétiques
– L’accès aux examens biologiques tels que l’HbA1C et la glycémie veineuse
– La constitution de kits pour les urgences métaboliques
2/ En compagnie de NOMBRE YAHIA, nous avons également rencontré le Dr LANKOANDE en tant que membre du bureau de la section locale de l’Association Burkinabè d’aide aux diabétiques (ABAD). Ce dernier nous a confirmé les pistes déjà évoquées par le Dr YAMEODO ; il nous a également assuré du soutien de l’association. Cette association organise des rencontres de sensibilisation pour les patients diabétiques sur divers thèmes, mais faute de moyens et de support audiovisuel, ces rencontres se sont peu à peu espacées. Nous avons expliqué l’expérience Guinéenne avec notamment les kits pour patients diabétiques et aussi la politique de recouvrement des coûts constituant la base de l’action de PSF. Nous avons convenu de rester en contact avec lui afin de concrétiser les pistes déjà évoquées.
II. ETAT DES LIEUX
1/ MOLECULES UTILISEES
– Les insulines principalement utilisées selon les deux médecins que nous avons rencontrés sont : l’insulatard, l’actrapid et parfois de la mixtard 30, administrés par les seringues à insuline.
– Les antidiabétiques oraux les plus prescrits sont : la metformine, le glibenclamide (DAONIL) , le gliclazide et le glimépiride .
2/ PARCOURS D’UN PATIENT DIAETIQUE
Actuellement au CH de Bobo Dioulasso, aucune prise en charge spécifique n’est offerte aux patients diabétiques qui sont admis (contrairement aux patients VIH+ qui ont leur propre labo, leur dépôt pharmaceutique et leurs médicaments subventionnés délivrés au sein d’une structure d’hôpital de jour).
Les diabétiques doivent donc payer pour la réalisation d’une glycémie veineuse (seul examen disponible en urgence) ; par ailleurs en urgence sont uniquement réalisées la NFS, l’urée, le groupage sanguin. Si d’autres examens sont nécessaires, la famille doit se rendre dans un laboratoire privé, récupérer les tubes et les ramener à l’hôpital pour que les infirmiers puissent réaliser la prise de sang, puis à nouveau la famille achemine les tubes au labo de ville et tout le monde attend les résultats
Par ailleurs si un patient diabétique se présente avec un une plaie siégeant la plupart du temps au niveau des pieds la situation est encore plus difficile, car il n’y a qu’une seule boite de petite chirurgie pour tout le service des urgences du CH de Bobo, donc après le premier patient blessé les autres n’ont pas accès au matériel stérile…En outre comme partout la prise en charge est compliquée car il s’agit de patients dont la prise en charge est à cheval entre la chirurgie et la médecine.
3/ DISPONIBILITES DES MOLECULES
Concernant la disponibilité des molécules antdiabétiques, en nous rendant au dépôt pharmaceutique de l’hôpital, il ressort qu’aucun antidiabétique oral n’est disponible et pas d’insuline non plus. Les patients et leurs familles doivent donc se rendre dans les officines de ville afin de pouvoir honorer les ordonnances. Nous nous sommes donc rendus en officine de ville avec une ordonnance comprenant des antidiabétiques oraux afin d’avoir une idée des prix, il en ressort que les molécules générique ne sont pas disponibles et donc les patients achètent la spécialité avec ce que cela implique comme coût.

III. CONCLUSIONS
Au vu de tous ces éléments, nous notons qu’en matière de Diabète les besoins sont multiples et le champ de l’aide est vaste. Des échanges et contacts seront poursuivis notamment avec le Dr YAMEOGO en collaboration avec notre représentant NOMBRE YAHIA afin de définir des priorités et construire ensemble un projet qui puisse répondre aux premiers besoins des diabétiques.

 

1 commentaire

  • Marie Serreau 4 décembre 2014 at 14 h 46 min

    Je viens d’être amenée à relire ce compte rendu de la mission de septembre et je m’aperçois que que je n’ai pas eu l’occasion, à l’issue de la première lecture, d’en remercier l’auteur ; ce rapport riche en informations est instructif et très intéressant ; c’est un beau projet de collaboration et porteur d’espoir à mettre en place.
    Merci,
    Marie

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